Etre, ou ne pas être seuls dans nos solitudes


C'est comme un non-sens : je ressens ce vide en moi, ce manque dévorant, et j'aspire à le combler avec tant de force ! Mais cela ne veut pas dire que je ne m'aime pas. J'entends, je lis ce genre de "bullshit" depuis un bon moment, et avant de la cataloguer ainsi je me suis posé inlassablement cette question. Est-ce que je recherche l'amour dans le regard d'une autre personne dans le but d'exister ? Si quelqu'un tient à moi, est-ce que je me sens enfin vivant ? Non. J'ai compris depuis peu que je survis très bien seul. Et surtout, paradoxalement, j'aime la solitude. Faire ce que je veux, quand je veux, sans devoir me justifier. C'est une liberté sans pareil. J'ai connu plusieurs relations, dont certaines en mode "24/24 - 7/7", et pour parler expressément de ces dernières, je ne recherche plus cet étouffement, car c'est quasiment ce qui se met en place au bout d'un moment. Un scénario en vase clos, emplit de concessions et de contrôle. Même avec les plus beaux sentiments du monde à la base, la relation amoureuse sous le même toit est un cul de sac assuré : la routine, ajoutée aux obligations quotidiennes, est un poison insidieux, une gangrène pervers. Et je ne prône pas pour autant une sexualité débridée, sans attache (avant que cela vous traverse l'esprit) !


Donc, me direz-vous, pourquoi ne pas rester célibataire ? Les choses seraient plus simples ? J'aime ma liberté, j'exècre le manque de respiration... une forme d'asocialité en quelque-sorte. J'aime les gens, et pourtant je peux rapidement les détester. Je les aime de loin, voilà qui est plus juste, à dose homéopathique. Encore un paradoxe dans ma collection, compte-tenu de mon métier.


Etre seul, avec quelqu'un. Je continue dans les non-sens.

J'ai compris et accepté (certains jours plus que d'autres !) que je ne suis pas d'ici. Ce monde et ses dogmes, normes, est et restera toujours un mystère pour moi. Je suis un ovni, depuis mes premières années ici bas. C'est ainsi. Quand il faut se pencher sur les sentiments, cela se corse davantage.

Cependant, après moults rebondissements, je sais maintenant avec une profonde certitude ce qui me bouscule tant et me repousse avec violence lorsque je commence à prendre la voie de l'ermite asocial qui mène au monastère d'une "a priori tranquillité" : ce n'est pas l'amour propre, ou même l'ennui, mais le désir profond de connecter une personne comme moi, une évidée, un ovni qui passe la majeure partie de son temps à mettre des masques et glisser sur les autres.


Combler mon vide, avec le vide d'une autre personne. La vision mathématique est indiscutable : 0 + 0... Je vous passe le mauvais calembour.

Mais pour ceux qui raisonnent autrement qu'avec une calculatrice, le sentiment amoureux se situe dans des sphères bien plus ésotérique que cela. Même le vide est une vibration, n'est-ce pas ?

C'est un trou noir, immense, étourdissant, et un tas de choses gravite autour de lui. Il EST, malgré sa définition.

Partager nos vides, nous savoir exister dans nos différences, sans jugement, sans volonté de changer l'autre : voilà ce que devrait être l'amour. Deux singularités qui s'acceptent et se reconnaissent, qui s'apportent un réconfort sans commune mesure... perdues sur une planisphère complètement déglinguée.


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