Veux tu me rencontrer (rencontre 2.0 -1ère partie-) ?

Dernière mise à jour : août 31

Journal de bord - 13 juillet 21



Voilà maintenant 11 mois...

11 mois de recherche sur l'océan des sites de rencontres !

Une éternité numérique, une confrontation aliénante avec l'outil 2.0 de la séduction.


J'y avais passé quelques temps, la 20ène timide, et déjà ce sentiment d'absurdité. Le Las Vegas des "je", le miroir de bordel où nos égos s'étalent, se pâment, se montrent sous des angles flatteurs dans l'espoir d'y être choisis, pour de bon ou pour une nuit.


Toujours là... un goût amer de reviens-y. L'outil a évolué, les options payantes aussi. La manne est de plus en plus grasse, pour ceux qui tirent les ficelles ; comment leur en vouloir ?


La misère des rencontres virtuelles, dans un contexte pandémique qui plus est...

Les trombinoscopes que l'on défile fébrilement, les profils comme des pancartes sous des articles soldés, usés, retournés.

J'ai cette impression de temps gâché : d'envie, je suis passé à obsession, avidité. Energivore est le mot ! Du matin au lever, jusqu'au soir au coucher : des allers-retours incessants sur des centaines de visages, d'univers plus ou moins creux, de vies banales se prétendants exaltantes, de solitudes tout simplement.


On "like", on "matche", on se plait dans la légèreté et l'insouciance. Car la plupart du temps, cette "ultime" étape derrière l'écran, qui doit nous propulser enfin devant la porte sacrée de la rencontre réelle, n'est qu'une farce ; combien de faux profils, de sursauts névrotiques, où la sortie redevient un leurre ? Et combien de dialogues de sourds également, qui ne dépassent pas 3 phrases, où j'ai l'impression de parler à des courants d'airs, pour finir par supprimer le "match" par dépit.


Ici, le rejet est d'une facilité déconcertante. Le mépris : une sempiternelle chanson. Supprimer, bloquer, ignorer, écourter : la facilité de l'outil, l'anonymat, rendent cela aisé. L'étalage de choix s'apparente à un magasin en ligne, où l'on prend, repose, hésite, collectionne aussi. Nous sommes des produits dans la boutique d'un cupidon gras et blasé, à la retraite.

L'Amour y est une boisson énergisante, colorée et pétillante, où glitters et édulcorants donnent la sensation d'un champagne sous amphétamines, la promesse d'une vie où Barbie et Ken ont enfin une chatte et une queue, vivent, baisent divinement, voyagent constamment, s'écoutent des heures durant, se renouvellent, s'émerveillent tout le temps, sont éco-spirituels et ne mangent que du bio, sans morceaux d'animaux ; ne se souviennent plus de l'ennui, des ex pathologiques, et baisent encore des heures durant en écoutant des podcasts passionnant, sous les tropiques d'un monde idyllique créé par une IA qui mine des Bitcoins tout en tricotant les fils synthétiques de destins asséchés.



J'ai pourtant envie d'y croire encore... envie d'aimer, de toucher, de l'être en retour (au sens propre et figuré). J'ai ce désir de partager, ce viscérale espoir de la rencontre qui chavire, retourne, bouscule, bouleverse. Ce tsunami, je le chéris d'avance, lui ouvre les bras jusqu'à en avoir mal. Je projette, je visualise, j'ancre ; et paradoxe vital, j'essaie de lâcher, de faire confiance, de vivre ma vie "normale, banale", d'être présent et non dans la course à autre chose.


Voilà pourquoi tout ceci est une misère : je me convainc d'exister par moi-même, que la rencontre serait un plus, et non un indispensable... mais alors pourquoi suis-je autant impacté ? Pourquoi je vis l'échec de cette recherche comme une souffrance profonde, qui chaque jour s'infecte un peu plus ?



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